Blackout du Net en France

A chaque fois !

Le 5 mai 2002 je pensais vraiment avoir touché le fond : imaginez l’ancien militant communiste déçu par une extrême gauche qu’il trouve bien trop timorée et conservatrice s’en allant voter pour Jacques Chirac, son bruit et son odeur, le candidat de la droite républicaine dure…

Oh je m’en suis posé des questions sur l’utilité et le bien fondé de ce vote.

Ce n’était pas vraiment que j’étais déçu de ne pouvoir voter pour quelqu’un me représentant. Non, ça j’ai l’habitude. C’est la loi du second tour : on y vote toujours que pour le moins éloigné de nos idées. Au second tour je ne vote jamais pour le plus proche de mes représentants, cette gourmandise démocratique ne m’est réservée qu’au premier tour.

Alors je m’étais dis qu’une fois, une seule, mais une fois quand même, j’irai voter pour le bord d’en face : ceux de la droite, libéraux sur les questions économiques et réactionnaires-conservateurs sur toutes les autres…voire pire. Un vote douloureux mais salutaire qui aura vu plus de 25 000 000 d’électeurs français s’en aller exprimer leur refus catégorique de voir la haine régner sur l’Élysée et le pays. Et oui : face à la haine même l’indifférence la plus crasse semble douce.

Au final mai 2002 qui avait si mal commencé avait pris l’air d’un nouveau printemps porteur d’espoir.

Il fût bref et n’ouvrit que la saison des déceptions.

Puis vient 2015. Son extrême gauche toujours aussi molle et divisée, incarnant infiniment plus la prise de tête stérile que la défense des classes laborieuses et populaires. Ses écolos qui semblent bien plus efficaces pour défendre la diversité des courants dans leurs rangs que la biodiversité sur la planète. Son avec une économique libérale entrecoupée de déclarations et mesures réactionnaires. Son centre droit…ah non ça y en a plus, les « réformateurs » du lui ont piqué la place. Sa droite libérale aux thèmes de campagne aux relents souvent aussi nauséabonds que la fosse brune qui les borde. Son parti nationaliste qui se farde de faux socialisme et usurpe la pour mieux capter l’attention et les voix des électeurs aussi perdus que systématiquement déçus par tous les autres cités ci-dessus.

Dans ce contexte le drame annoncé ne pouvait que se produire. Les 5 500 000 voix du borgne en avril 2002 ont encore progressé, devenant les presque 7 millions de voix de ses héritières et leur clique en décembre 2015. L’imposture consistant à faire passer l’héritière de Neuilly pour l’amie sincère et solidaire des petites gens a parfaitement pris, aussi dénué de sens que ça puisse sembler.

Et nous revoilà revenus en ce tout début du mois de mai 2002. Avec les mêmes questions, les relents nauséabonds de cette campagne en plus. Alors on se penche sur notre passé qui semble d’un seul coup bien trop récent, deux fois en moins de quinze ans. On l’avait pourtant scandé si fort : “Plus jamais ça !”. Et même s’il semble encore plus difficile de voter pour un Xavier Bertrand, et ses sorties sur les migrants, ou un Christian Estrosi, et son passé foireux rappelé par le borgne … la conclusion reste la même :

A chaque fois qu’il m’en sera donné l’occasion, j’irais voter contre le fascisme et la haine.

En 2002 je ne m’étais trompé que sur un point : ce vote n’était pas une exception, ce n’était en fait que la première concrétisation d’un engagement moral absolu.


Laisser une réponse.

  • Inscription
  • *

    • Nuage de tags

    •  

      • 2016 (1)
      • 2015 (5)
      • 2013 (5)
      • 2011 (1)
      • 2010 (27)
      • 2009 (155)
      • 2008 (9)
    • ACTA