Blackout du Net en France

Apéro interdit !!!

capture article courrier picardCeux qui me lisent depuis un moment comme ceux qui me connaissent personnellement savent qu’une des rares choses qui me débecte plus qu’une beuverie générale est l’interdiction de cette beuverie sous des prétextes tordus.

La préfecture a décidé d’interdire l’apéritif géant organisé à Amiens par des membres de Facebook (encore un truc que je n’aime pas…décidément). Pour cette interdiction on argumente sur les débordements constatés dans d’autres villes : « Des initiatives semblables dans d’autres villes ont donné lieu à de graves débordements » indique en effet la préfecture…une simple recherche sur Google nous laisse plutôt dubitatifs…la recherche « apéritif géant débordements » sur notre moteur préféré ne renvoie aucun incident avéré mais de multiples déclarations d’annulations par crainte des débordements…quels peuvent donc bien être ces débordements que les préfectures (donc le gouvernement) craignent à ce point ? Le communiqué justifie ensuite : « par arrêté municipal, la consommation d’alcool est interdite dans les parcs et jardins publics de la ville »…il faudra donc s’en rappeler pour interdire toute consommation d’alcool sur les événements organisés à longueur d’année par la ville dans ses jardins et parcs (fêtes foraines, foires, compétitions de pétanque, de ballon au poing, etc…). A moins que ce ne soit pas vraiment la consommation d’alcool qui justifierait l’interdiction de cet événement ?

La préfecture a donc décidé l’interdiction de cet « apéritif géant » à Amiens…comme dans tant d’autres villes pour d’autres raisons. Pourquoi quand un média communique sur cette interdiction il ne fait jamais le rapprochement avec toutes les villes ou ce rassemblement a été interdit ? Pourquoi quand une mairie ou une préfecture parle de « débordements constatés » aucun média ne vient signaler que jusque maintenant tout semble s’être toujours passé dans une ambiance fraternelle (liberté, égalité, ???) dans l’immense majorité des cas ?

La véritable menace que ce type de rassemblement représente pour nos professionnels de la et de la communication c’est qu’elle démontre la puissance rassembleuse d’Internet et de ses communautés. Depuis tant d’années que l’on nous oppose le Net et la vie réelle…le virtuel et le IRL…il faut retarder le plus possible le moment ou les gens auront l’occasion de se rendre compte à quel point Internet les interconnecte réellement. En effet si le « No Sarkozy Day » s’est révélé être un échec relatif dans de nombreuses villes (dont Amiens), c’est surtout car trop peu de personnes ont cru à la capacité du Net à fédérer les communautés et les individus opposés au président pour une journée d’action nationale dans toutes les provinces. La véritable menace serait donc que les internautes découvrent leur capacité de rassemblement au travers d’un autre événement aussi peu organisé mais dont les implications semblent plus légère.

En effet autant pour s’opposer au président, chacun accorde de l’importance au nombre : pour ne pas craindre d’être fiché ou pour espérer un peu d’efficacité de la mobilisation. Pour un apéritif les craintes ne sont pas les mêmes : pas de raison d’être fiché comme opposant (ou agitateur) politique, même à une vingtaine l’apéro (au contraire du grand soir) pourra se faire. Mais si ces apéritifs (ou d’autres événements aussi légers) pouvaient se tenir et mobiliser beaucoup de participants :  la confiance qu’ont les internautes en la capacité de rassemblement d’Internet et ses réseaux pourrait croître de façon exponentielle et la possibilité qu’un futur « No Day » soit une réussite en termes de mobilisation deviendrait une perspective tout à fait réaliste…comme n’importe quel appel à la mobilisation pour ou contre quoi que ce soit pourvu que l’appel séduise suffisamment d’internautes. Une mobilisation organisée par de simples citoyens, à l’initiative d’une poignée d’individus et en dehors de toute récupération ou contrôle politique ou syndical…personne pour canaliser, personne pour contenir, personne pour restreindre les champs de possibles…

Et demain : mobilisation spontanée contre telle loi, contre telle politique régressive, contre tel représentant (élu ou non), pour telle réforme sociale ou législative… Car voilà ce que craignent tous les détenteurs de pouvoir : la spontanéité et la possibilité qu’elle débouche une action collective. Alors on trouve des prétextes à la noix pour interdire des apéritifs…jusqu’au jour où le peuple se rendra compte que, même pour un simple apéro, à plusieurs milliers on peut tenir tête à une compagnie de CRS (bien qu’en terme d’apéro ils soient généralement hyperqualifiés). Tout ça pour éviter un précédent qui pourrait servir d’exemple (de mauvais exemple dans ce cas).

Et ainsi : à Amiens comme ailleurs voici l’histoire d’un apéritif censuré.

…Schijo


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