Blackout du Net en France

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Le parti pirate suédois siégera.

C’est sans doute une des seules nouvelles réellement réjouissantes de ces élections. Le PiratPartiet fait son entrée au parlement européen.

Avec 7,1% des suffrages exprimés en Suède, le parti pirate est assuré de disposer d’au moins un siège (2 si le TCE de Lisbonne entre en application avant le 1er janvier).

Certes un siège sur 700 ce n’est pas grand chose mais au moins ça permet de garantir l’accès au textes en préparation, une plus grande médiatisation et cela permettra peut-être de créer une émulation dans les autres pays d’Europe. Le parti pirate allemand, inscrit tardivement pour cette élection ne recueille que 0,5% des suffrages outre-Rhin mais cela lui ouvre la voie d’un véritable financement qui permettra au mouvement de prendre l’ampleur et peut-être à un véritable débat d’éclore.

A quand la création d’un parti pirate en France ?

Jo.

En lire plus sur Numérama…




Julien COUPAT dehors.

Depuis trois jours la rumeur enflait quand une possible libération de Julien COUPAT sur demande du juge d’instruction (vous savez le juge que Sarko veut faire sauter), le parquet de Paris ayant signifié son accord sous conditions, Julien est sorti hier de la santé.

La presse écrit déjà libre, elle est reprise par les politiques, tel Montebourg, qui se sentent revenir une âme de gardien des droits de l’homme.

Julien n’est pas libre :

  • Il est toujours poursuivi, et toujours selon les mêmes chefs d’accusation…ça ne vous choque pas que la justice renvoie dehors quelqu’un qu’elle poursuit pour être le chef présumé d’une présumée organisation présumée terroriste ?
  • Il n’a pas le droit de voir sa compagne : elle est aussi poursuivie dans cette affaire.
  • Il n’a pas le droit de quitter Paris.
  • Il ne peut donc pas rentrer chez lui (à Tarnac).
  • Il ne peut pas reprendre son travail, tenir une épicerie de campagne à distance n’est pas chose aisée…surtout pour aider les mamies à porter leurs cabas.
  • Il doit être présent sans délai à la moindre envie de la « justice ».

Julien est toujours poursuivi, comme ses camarades. La menace d’une condamnation pèse toujours sur sa tête.

Mais déjà la gauche parlementeuseaire demande des comptes, comme si l’obscénité de cette manipulation pouvait être appréciée dans son ensemble, comme si le préjudice pouvait être chiffré dès ce jour, comme si les poursuites, pour le moins farfelues, avaient été abandonnées.

Julien est dehors, en homme brimé, en homme traqué, en homme surveillé et vous voudriez que nous ne soyons plus révoltés ?

Le 7 juin ne vous trompez pas, les partis qui siègent dans les assemblées sont tous complices de cet vindicte politico-totalitaire.

Courage Julien.

…SchiJo




Firefox 3.5 en RC

Page de téléchargement

La fondation Mozzilla vient d’annoncer que la beta4 de Firefox 3.5 accédait au statut de Release Candidate.

C’est donc une version très semblable à la version finale que vous pouvez dès maintenant télécharger dans une version française pour Windows, MacOS et Linux.

Les nouveautés comprennent la navigation privée (pornmode), des améliorations de sécurité et une vitesse d’affichage sérieusement augmentée à en croire les premiers tests, le nouveau moteur tracemonkey pour les javascripts, le support des nouvelles balises HTML5 (audio, video), etc…

A noter que l’installation de la beta n’écfrase pas votre ancien Firefox, il se peut que des thèmes ou extensions soient incompatibles avec les nouvelles de Firefox (problème rare et généralement rapidement résolus par les développeurs des extensions.

Enfin si vous utilisez la beta et que vous rencontrez des bugs, merci d’en informer les développeurs.

Bon DL et bon surf…




Ça vaut toujours mieux que de regarder le JT de TF1…

Vous pouvez suivre l’actualité au quotidien et en images sur le site Nactualités :

Les Nactualités par Na!

Les Nactualités par Na!

Des fois ça fait du bien d’avoir au moins une raison de rire de l’actualité.




Free ajoute gratuitement l’UPnP AV à sa Freebox HD

Jusqu’à présent, les abonnés de Free qui souhaitaient regarder des photos ou des vidéos stockées sur leur ordinateur étaient obligés de les transférer vers le disque dur de la Freebox HD ou sur un périphérique de stockage USB. Mais depuis une mise à jour du firmware des Freebox HD et Freebox ADSL déployé cette nuit, le boîtier TV prend désormais en compte le protocole Universal Plug & Play (UPnP AV), qui permet d’accéder directement aux contenus d’un périphérique réseau, en streaming.

« Les Freenautes vont pouvoir diffuser de façon très simple sur leur télévision les contenus numériques (photos et vidéos) de leur(s) ordinateur(s)« , se félicite l’opérateur dans un communiqué.

Comme avec les Media Center des Xbox 360 ou Playstation 3, la Freebox HD reconnaît désormais les ordinateurs connectés au réseau, et les fichiers qu’ils partagent. Le service est accessible sur le menu « Magnéto » de la Freebox.

Free profite de cette annonce pour lancer une pique contre ses concurrents : « Ce nouveau service est proposé gratuitement. Contrairement à d’autres opérateurs chez qui ce type de fonctionnalité nécessitera de changer de Box, avec Free ce service est accessible à tous les abonnés équipés d’une Freebox HD, distribuée depuis 2006, sans qu’ils aient à renouveler leur terminal : une simple mise à jour logicielle du boîtier leur permet d’en profiter« .

Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com

Pour utiliser UPnP avec votre Ubuntu, installer UShare depuis les dépôts universe.
La faiblesse du protocole UPnP devrait toutefois vous inciter à installer un firewall si ce n’est déjà fait. UFw et Gufw sont aussi dans les dépots officiels, la doc Ubuntu peut vous aider.




Le piratage de logiciels en hausse…

Sur ZDnet

Sur ZDnet

Le BSA, l’alliance pour le buizness des logiciels, viend de publier les résultats de sa dernière enquête sur le piratage de logiciels… le jour du vote de la loi HADOPI…

Bien sûr les chiffres sont allarmistes, les supputations de pertes fantaisistes établies sur des modes calculs inspirés par l’industrie du divertissement…encore du taf pour albanulle…

Vous pouvez lire l’article sur ZDNet, en cliquant sur l’image, ou vous en désinterresser totalement…la nouvelle de la sortie imminente de la version finale de VLC est bien plus réjouissante.

Ma solution pour lutter contre le piratage est si simple qu’elle déplait à la BSA : utilisation des logiciels et des OS libres !




Hadopi adoptée à l’assemblée, le PS démissione…

Ça y est : la loi, mal intitulée, Internet et Création, HADOPI, a été adoptée hier à l’assemblée nationale avec toutes les voix de l’Union des Minables Pantins, conformément aux ordres reçus,  suivis par la majorité des députés « Nouveau Centre », le parti de droite issu de l’ancien centre droit, et Jack Lang, le bien nommé qui attend son maroquin…

Les sénateurs PS, jamais à un « laisser faire » près, surtout quand il s’agit de tuer la démocratie, se sont empressés de déclarer qu’ils ne participeront pas au vote au sénat…mettant ainsi la loi HADOPI à l’abri de toute démotivation des sénateurs UMP…

Quand il s’agit de tuer le droit à la liberté il ne peut y avoir que deux positions, pour ou contre, l’abstention signifie n’accorder aucune importance au sujet. Celui qui ne lutte pas en permanence pour la liberté ne la mérite pas.

Alors voilà il ne reste plus pour nous protéger de l’HADOPI que le conseil constitutionnel et l’Europe. Les « sages » vont-ils s’opposer frontalement à la « volonté » (euphémisme inside) présidentielle ? Rien n’est moins sûr, nos sages has-been dans lesquels certains placent encore leurs espoirs se savent bien trop fragiles face à un parlement qui viens de prouver qu’il était aux ordres de l’éxécutif, qui n’a d’ailleurs jamais aussi bien porté son nom depuis Vichy. Après la modification de la constitution permise par l’abstention du PS et l’adoption rocambolesque d’HADOPI tous ceux qui sont soumis au pouvoir du congrès (assemblée et sénat réunis) savent bien qu’ils ne doivent surtout pas risquer de se faire mal voir d’un président qui dispose d’une majorité de godillots dans l’organe qui détient le pouvoir de changer la constitution.

L’Europe reste, une fois n’est pas coutume, la dernière protection des insoumis du Net français face à la dictature des médias et des majors. L’amendement 138/46 au paquet télécoms, dit amendement Bono du nom de son auteur, prévoit que la suspension de l’abonnement Internet ne puisse être prononcée que par voie judiciaire. La loi HADOPI est en opposition au futur droit européen sur ce point, la haute autorité HADOPI n’est qu’une autorité administrative dont la composition n’a rien d’impartiale. Une fois le paquet télécom adopté, par la prochaine législature vraisemblablement, la France sera donc en infraction au droit européen. C’est là l’importance de bien choisir son bulletin de vote le 7juin, pour ce scrutin aux européennes que le pouvoir et les médias souhaiteraient nous voir oublier.

Les positions sur HADOPI :

UMP : tous pour sauf François Goulard, Denis Jacquat, Franck Marlin, Lionel Tardy, Christian Vanneste et Michel Zumkeller, les abstentions dans un vote pour ce genre de lois équivalent à un laisser faire , donc un vote « pour »

Nouveau Centre : (ex aile droite du centre-droit) : Pour sauf Jean-Pierre Abelin, Jean Dionis du Séjour, Philippe Folliot, Jean-Christophe Lagarde, Jean-Luc Préel et François Rochebloine. Même remarque quand aux abstentions.

PS : Contre sauf Jack Langue, qui vote pour, Arnaud Montebourg et les sénateurs qui s’abstiennent, avec toujours la même remarque sur l’abstention.

Ont aussi voté contre Abdoulatifou Aly, François Bayrou, Mme Véronique Besse, MM. Nicolas Dupont-Aignan, Jean Lassalle, Dominique Souchet et François-Xavier Villain.

Au scrutin du 7 juin les internautes français soucieux de leur liberté et de leur vie privée n’ont donc que deux choix, le MODEM s’ils sont de droite ou l’extrême gauche s’ils sont de gauche.

…Schijo

Image issue de http://edgydog.wordpress.com/




Le spyware imposé par l’Hadopi sera incompatible avec le logiciel libre



Société 2.0 –


D’après le texte du projet de loi Création et Internet, les internautes qui protègent leur accès avec les outils de filtrage labellisés par l’Hadopi pourront s’exonérer de toute responsabilité s’ils sont sanctionnés. Mais pour s’assurer que les filtres sont bien activés, le gouvernement prévoit d’instaurer une communication permanente entre le logiciel et un serveur central. Selon les professionnels du logiciel libre, c’est imposer de fait une obligation d’installer des logiciels propriétaires.



L’APRIL, qui défend le logiciel libre en France, s’inquiète des conséquences du projet de loi Création et Internet dont « une des finalités est d’imposer des logiciels propriétaires de filtrage sur le poste client« .


L’association s’appuie sur un rapport communiqué par le Conseil Général des Télécommunications (CGTI) au ministère de la Culture, et présenté par Jean Berdinau, l’actuel secrétaire général de l’Autorité de Régulation des Mesures Techniques de Protection (ARMT), appelée à devenir la Haute Autorité pour la diffusion et la protection des oeuvres sur Internet (Hadopi). Dans ce rapport, le CGTI indique que la loi vise à « mener à bref délai une expérimentation portant sur le filtrage sur le poste client synchronisé avec un serveur central« .


Il préconise ainsi en substance d’établir une communication permanente entre l’ordinateur et l’Hadopi, pour que l’Hadopi puisse savoir à tout moment si l’outil de filtrage qu’elle impose était activé ou non au moment de l’infraction présumée (voir à ce sujet notre article du 27 cotobre 2008). La loi prévoit en effet d’exonérer ceux qui ont installé des solutions de filtrage sur leur ordinateur, mais encore faut-il avoir la possibilité de démontrer qu’ils étaient installés et activés au moment où l’accès à Internet était prétendument utilisé pour pirater.


« Plus clairement, estime l’April, il s’agit de faire installer un mouchard filtrant sur les ordinateurs de tous les internautes qui craignent de se voir accuser par l’HADOPI, soit parce qu’ils sont incapables de sécuriser leurs bornes wi-fi, soit tout simplement parce qu’ils sont conscients que l’adresse IP n’est pas une donnée qu’ils peuvent sécuriser« .


L’April accuse Jean Berdinau de relayer « les demandes surréalistes des lobbies du divertissement, faisant par là même le jeu des éditeurs de systèmes propriétaires que sont Microsoft et Apple et plus généralement de l’« informatique déloyale » du « Trusted Computing Group »« , dont l’objectif est « la prise de contrôle à distance de l’ordinateur de l’utilisateur« .


« Voudrait-on rendre les logiciels propriétaires obligatoires qu’on ne s’y prendrait pas mieux« , redoute l’association. « Il serait en effet absurde de prétendre filtrer les communications d’un utilisateur de système libre. « Logiciel Libre et dispositifs de contrôle d’usage, de surveillance et de filtrage fermés sont ontologiquement incompatibles. Comme cela a été maintes fois expliqué lors des débats sur la loi DADVSI, sur un système libre, l’utilisateur a le contrôle de sa machine et peut neutraliser tout mécanisme visant à le contrôler ou à le surveiller. »


Si la loi est adoptée en l’état, « les utilisateurs de systèmes libres se retrouveront dans une insécurité juridique discriminatoire intolérable« .


L’April appelle donc « tous les citoyens attachés au Logiciel Libre » à contacter leur député, « pour qu’ils s’opposent au déjà disproportionné projet HADOPI« .


Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com

Allez encore une bonne raison de choisir les logiciels libres…

Jo




Plusieurs articles sur la « loi » HADOPI

Plusieurs articles sur la « loi » HADOPI

Article de la Quadrature du Net

Article de la Quadrature du Net


Un autre :
Article de l APRIL

Article de l APRIL




Pourquoi le BlackOut ?

Car la pire tentative de censure d’internet dans le monde dit « démocratique » est en marche.

Car la repression des échanges de fichiers protégés par le droit d’auteur va être confiée aux organismes privés qui sont interressés par ce droit d’auteur.

Flyer :

qdn_flyer_blackout_hadopi_v103

Et pour ceux qui ne savent toujours pas ouvrir ouvrir le format normalisé ODT :

qdn_flyer_blackout_hadopi_v103




BlackOut !




Ce sont des « Justes » qu’on enferme!

Cliquez pour signer la péition

Cliquez pour signer la péition

A l’occasion de l’arrestation dans la rue, le 17 février, d’un compagnon d’Emmaüs en situation irrégulière, le responsable de la communauté située à la Pointe Rouge à Marseille a été mis en garde à vue: il avait refusé de communiquer aux forces de l’ordre les noms de ses résidents « ayant une consonance étrangère hors espace Schengen » (sic).




La justice…

L'article du Point

Article sur Le Point

Un témoin qui ne reconnait pas l’accusé, des suspects cités sur lesquels le parquet ne souhaite pas travailler…

Vous avez encore confiance en la justice ?

Schijo




Guadeloupe, Martinique : solidarité avec les grévistes ! Non à la répression !

Guadeloupe, Martinique : solidarité avec les grévistes ! Non à la répression !

Guadeloupe, Martinique : solidarité avec les grévistes ! Non à la répression !




Riposte à la riposte graduée…

Quasiment tout le monde a entendu parler de la riposte graduée (un des dispositifs de la Loi HADOPI). Ce projet défend l’idée d’un mécanisme de mesures coercitives en trois étapes pour s’assurer que les supporsés téléchargeurs arrêtent de télécharger, la troisième étape étant la clôture de l’abonnement internet de l’abonné, sans jugement et sans aucune certitude que l’abonné est bien le téléchargeur en cause, si toutefois il y en a un.

Si l’on voit déjà, d’après ce bref descriptif que la graduation de cette riposte est sacrément extrême, les moyens employés pour faire adopter cet ensemble de lois sont eux tout à fait malsains. Entre les liens très étroits entre les rédacteurs et les supposées victimes, la fourniture de matériel de propagande par les toujours supposées victimes, la falsification des chiffres…une bien triste idée de la démocratie. Tout porte à croire que cette loi HADOPI a du pire…

Votre serviteur n’a pas de compte FACEBOOK et sera même peut-être le dernier à rester étranger à ces réseaux sociaux…il salue quand même l’initiative de NUMÉRAMA et KASSANDRE PROD…

Pour l’ouverture d’une enquête parlementaire contre Christine Albanel !
Société 2.0 –

Et si Christine Albanel faisait l’objet d’une enquête parlementaire destinée à vérifier son indépendance vis à vis des lobbys culturels lorsqu’elle défend devant le Parlement la riposte graduée et son projet de loi Création et Internet ? Numerama liste toute une série de comportements sujets à interrogations, qui tendent à mettre en doute la sincérité et l’indépendance du gouvernement sur ce dossier.

Faites le savoir sur Facebook : rejoignez le groupe « Pour l’ouverture d’une enquête parlementaire contre Christine Albanel »

Le porte-parole de l’UMP Frédéric Lefebvre a dit mardi qu’il demandait l’ouverture d’une commission parlementaire à l’encontre des sites de streaming qui diffusent des films sans l’autorisation des ayants droit. Pourquoi pas. Mais il nous semble qu’en retour, une commission parlementaire à l’encontre de Christine Albanel s’impose, tant il devient chaque jour plus évident que la ministre de la Culture ne souhaite servir les intérêts que d’un petit nombre de grandes entreprises culturelles, sans se soucier de l’intérêt du public… le tout à grand renfort d’omissions, de déformations voire de mensonges qui font peser des doutes sérieux sur son indépendance.

Passons sur le projet de loi Création et Internet lui-même, dont on sait qu’il émerge moins des brillants cerveaux des juristes du ministère de la Culture, que de celui des lobbyistes de l’IFPI, le puissant groupe de pression international des majors du disque. Les VRP du lobby se sont rendus aux quatre coins du monde pour vendre leur idée de sanction en trois étapes, qui a été rapidement achetée par la France. Jusqu’ici, on ne peut reprocher au gouvernement et à Christine Albanel de prendre à son compte ce qu’elle croit être une bonne idée. Pourquoi pas.

Mais en revanche, il est tout une liste de faits objectifs que l’on peut reprocher à Christine Albanel dans la conduite de son projet de loi, qui prêtent à croire qu’elle ne vise qu’à servir les intérêts de quelques puissants lobbys industriels sans accepter et exposer les arguments de la société civile.

Alors qu’elle était auditionnée mardi par la commission des lois et des affaires culturelles, la ministre de la Culture a d’ailleurs prétendu bénéficier d’un large soutien populaire, en écartant d’un revers de la main une soit-disante « agitation entretenue par quelques groupuscules« . Voilà donc à quoi se résument, pour Christine Albanel, les 39.000 signataires d’une pétition contre la riposte graduée, la CNIL, l’ARCEP, l’ISOC, Free, le Contrôleur européen à la Protection des Données (CEPD), le Parlement Européen, la Commission Européenne, l’UFC-Que Choisir, la Quadrature du Net et d’autres « groupuscules » attachés à la défense des droits fondamentaux et notamment des droits de la défense.

Notre Petit Larousse le dit bien, le mot « groupuscule » est un terme péjoratif, qui désigne un « petit groupe politique plus ou moins organisé« . Il est associé généralement à l’idée de « groupuscules extrêmistes ».

A deux semaines du début programmé des débats sur le projet de loi Création et Internet, il serait souhaitable de mettre à plat les motivations réelles de Christine Albanel lors d’une audition parlementaire, où elle pourrait se justifier de notre liste de (mé)faits susceptibles de mettre en doute son indépendance.

La liste ne demande bien sûr qu’à être complétée grâce à vos commentaires si notre mémoire nous fait défaut :

  • En octobre 2007, alors qu’elle n’en a pas les pouvoirs, Christine Albanel fait du chantage à Free pour obtenir la fermeture d’un service d’échange de fichiers contre l’accès à la 4ème licence 3G.
  • L’an dernier, pour justifier de la lutte contre le piratage à grande échelle, Christine Albanel affirme dans un communiqué que 500.000 emplois représentés par les artistes et l’industrie culturelle sont menacés. Or lorsque Numerama a démontré d’après les propres documents du ministère qu’en tirant très fort sur la corde on obtenait au mieux 157.000 emplois culturels dont 100.000 (sic) pour la publicité, le ministère n’a jamais voulu répondre en détail à nos demandes d’éclaircissement.
  • En novembre 2008, peu avant le débat au Sénat, la ministre de la Culture ouvre un site de propagande pour défendre le projet de loi Création et Internet, Jaimelesartistes.fr. Le site compte de nombreux lobbys parmi ses partenaires, qui sont finalement (mal) masqués pour ne pas risquer la polémique. Certains des lobbys fournissent des contenus au site. D’autres participent peut-être à son financement.
  • Toujours sur ce site, le ministère de la Culture invite les visiteurs à signer la pétition coordonnée par la SACEM, une société privée d’auteurs, de compositeurs et d’éditeurs de disques. Un beau mélange des genres.
  • Toujours dans la même période, le ministère envoie massivement des messages non sollicités aux internautes pour leur demander d’aller consulter le site de propagande. A l’appui du message, le ministère communique des évaluations chiffrées de l’ampleur du piratage, qui tous sans exception sont tirées d’études commandées ou réalisées par des lobbys de l’industrie culturelle. Ni le message ni le site ne le précisent.
  • A aucun moment le ministère ne fait état de ses propres études réalisées en interne. Il a pourtant à sa disposition le Département des Etudes, de la Prospective et des Statistiques (DEPS). Mais il est vrai que ses études sont moins spectaculaires et ne vont pas dans le sens des lobbys
  • Idem pour les études de chercheurs indépendants, qui ne sont jamais citées.
  • Dans l’enceinte-même du Parlement, devant les sénateurs, Christine Albanel a repris les mêmes chiffres catastrophistes, sans préciser aux élus qu’ils étaient issus d’études mandatées par des groupes privés qui ont intérêt à voir la loi votée. Cette ommission a pu conduire les sénateurs à croire la situation plus grave qu’elle ne l’est en réalité, et à voter une loi qu’ils n’auraient pas adopté avec d’autres chiffres plus réalistes.
  • Toujours au Sénat, Christine Albanel a fait référence à un sondage censé démontrer la popularité de la riposte graduée, sans préciser ni que le sondage était commandé par un lobby du disque, ni que dans la question posée aux Français la suspension de l’abonnement à Internet était opposée à la peine d’emprisonnement prévue dans le code pénal pour l’ensemble des contrefaçons.
  • Lors du débat au Parlement et dans diverses interventions publiques, elle prétend que le retrait des DRM par les maisons de disques est un effort réalisé par anticipation du vote de la riposte graduée alors qu’il s’agit d’une décision mondiale prise par les maison de disques qui ont enfin réalisé que les DRM ne faisaient pas vendre plus d’albums, mais moins.
  • Lors de son audition en commission devant les députés, Christine Albanel a assuré que le piratage en Nouvelle-Zélande avait diminué grâce à la riposte graduée. Or la riposte graduée n’était pas encore appliquée en NZ, et ne le sera peut-être, que dans des conditions beaucoup plus restrictives qu’en France ! Lors du débat au Sénat, Mme Albanel avait également fait part des exemples américains et britanniques, alors que la RIAA cherche encore des FAI prêts à collaborer aux Etats-Unis, et que la Grande-Bretagne ne souhaite pas déconnecter les pirates présumés.
  • Non contente que la mission sur la lutte contre le piratage fut confiée au patron de la FNAC de l’époque, Christine Albanel a demandé à l’omniprésent professeur Pierre Sirinelli de diriger une mission similaire de concertation pour le filtrage du web 2.0. Or le Pr. Sirinelli a travaillé en 2007 pour le lobby français du disque à la rédaction d’un rapport préconisant le filtrage, ce qui devrait suffire à démontrer un conflit d’intérêt.
  • Christine Albanel continue sans cesse de se référer aux accords de l’Elysée négociés par Denis Olivennes, alors-même que l’un des principaux signataires, Free, a fustigé la méthode employée et renié la substance des accords.
  • Elle refuse de taper du poing sur la table contre les industries du cinéma sur la chronologie des médias, alors-même que consommateurs, sénateurs et députés l’exigent depuis plusieurs années.
  • Elle feint d’ignorer totalement les problèmes graves posés par son projet de loi, tels que les risques d’accuser un innocent ou l’impossibilité pour une personne sanctionnée de prouver matériellement sa bonne foi.
  • Elle nie le fait que l’accès à Internet puisse être un droit fondamental en Europe qui ne peut être violé que par ordre d’un tribunal, quand même bien même les députés européens ne cessent de le répéter.

Madame Albanel, il serait bien de vous en expliquer. Et aux députés de l’exiger.

Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com

A propos de Christine ALBANEL :

Votez pour (ou contre) la loi HadopiHadopi : Christine Albanel, piètre avocate de son projet de loi
Sur le chateau de VersaillesQuand les Enarques Innovent !!!

A propos des français « champions du piratage » selon la sinistre muspecte :

Hall of shame : le TOP 10 des pays pirates

Hall of shame : le TOP 10 des pays pirates

Schijo




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